jeanda

résurrection?

Je suis mort, quelque part, le 3 août 2005, pas complètement, non, mais mort un peu ; et mourir un peu c'est mourir tout de même...

Je suis mort par celle qui m'a donné la vie. Pas ma mère, non. D'abord elle ne m'a donné de la vie que la coquille vide, ensuite parce que, bien qu'un peu faux, elle est à mes yeux morte depuis bien longtemps déjà.
Non, je parle de celle par qui ma vie s'est emplie de vie, de sens. De celle dont la lumière manquait à mes yeux aveugles avant que je ne la rencontre ; de celle dont la voix était le chant indispensable sans lequel tout n'était que bruit ; de celle qui m'a apporté la vie sur le plateau de son corps ; de celle qui m'a donné un enfant.
Je parle de la mère de Sacha.
Elle m'a apporté la vie un délicieux jour de juin 2000 et me l'a reprise une sinistre nuit d'août 2005.

Il y a une vie après la mort, je peux en témoigner.
J'ai connu une existence post mortem absolument contrastée, faite de joie puisque ma fille était la moitié du temps à mes côtés et faite de tourments puisque l'autre moitié du temps, je me retrouvais seul devant les ruines de la vie à peine goutée. 
J'ai connu une existence post mortem absolument contrastée, faite de raison, de responsabilité et faite de déraison, de délires, d'abandon et de défaite.
J'ai connu la lumière de la chair de ma chair et les ténèbres de ma vieille peau.
J'ai connu l'ivresse de moments délicieux avec ma fille et l'ivresse glauque des boissons qui vous distillent l'amnésie tout comme l'amertume.
J'ai connu la paix de quelques circonstances partagées, la paix d'une banalisation de nos rapports après cette mort, l'envie d'entretenir l'estime réciproque de l'un envers l'autre qui nous a toujours habité. Et j'ai connu le feu insoutenable de l'envie, la morsure de la jalousie, l'amertume de la bile, la puissance de la colère et la colère de l'impuissance.
J'ai connu, quoique mort, les tourments de la question qui vous travaille les chairs, les médocs garde-fous. Tout mort qu'on est, on se prend à enquêter au plus profond de soi afin de cerner les circonstances de sa mort, se l'expliquer.
J'ai connu le doute. J'ai connu et bu jusqu'à la dernière goutte le poison d'une solitude mortifère parce que volontaire, sorte de sabotage des relations humaines. Sagesse, diraient certains fous qui entendent tirer leçon de chaque chose, méditer... Folie, diraient les sages qui entendent aller dans le sens de la vie, aller de l'avant, continuer de vivre...
Continuer de vivre, quand on est mort?
Une vie post mortem, oui. Et ça, je l'ai fait, continuer de vivre tel un zombi au milieu des vivants. Resté sourd aux rencontres, ne pas créer les conditions propices à la rencontre. S'extraire volontairement du jeu social et de la séduction, se retirer du jeu amoureux. Se punir soi par la négation de l'autre et punir l'autre par la négation de soi. Pas terrible comme stratégie mais efficace pour moi, à ce moment-là. Me punir de la vie pour moins me la faire regretter. S'installer dans une vie post mortem morne, onaniste, douloureuse et ainsi se la rendre plus tolérable, la mort. Douce.
Mais toujours ces petites résurrections quand ma fille, boule de vie, déboule à la maison et là, la vie continue car c'est facile, elle a tant l'appétit de la vie qu'elle entraîne dans son sillage tout azimut et son enthousiasme juvénile mais intrinsèque y compris jusque les morts.

Et puis un jour, l'incompréhensible vous tombe dessus et vous passez de trépas à vie. Résurrection.
Il faut croire que de banalisation en banalisation de nos rapports, quelque chose qui n'était pas tout à fait mort a ressurgi. 

Alors cette nouvelle vie à laquelle je goûte, ma fille et sa maman à mes côtés, est encore plus précieuse et plus fragile que la précédente... nouvel élan de vie précaire mais indispensable.

Il y a une vie après la mort, mais elle garde la marque de la morsure de la mort.

Il y a une vie après la mort, je peux en témoigner. Elle est d'autant plus belle qu'elle est davantage fragile. 
 



         

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comme une réplique?

Un petit inconvénient qui vient vous polluer la vie, pas grand chose, une broutille, mais ça vous bouffe le crâne. Alors on sent en soi, les prémisses d'un séïsme... non, pas un séïsme, non, ses répliques plutôt. Car le séïsme a eu lieu, il y a quelques temps... comme une réplique, alors?

 

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kafka au rocksane

Le Rocksane a programmé vendredi 7 septembre, pour sa rentrée, le groupe kafka qui avait par deux reprises déjà, livré un concert à Bergerac, dont le tout premier devait les conduire à remporter le premier prix du tremplin Overlook.

L'intensité du moment que j'ai vécu m'autorise à m'improviser critique musical, et aura pour logique conséquence, ni plus ni moins, qu'un dithyrambe. Rien de moins! Mais considérons que cette exagération n'est que partielle : car il y a quelque chose, dans cette jeune formation clermontoise, de dionysiaque; le lyrique et le tragique se mêlent tour à tour, empreints d'une sauvagerie « naturelle ».

Le groupe (deux guitares, un bassiste et un batteur) fait montre d'une remarquable maturité musicale, au vu du jeune age relatif de ses membres. D'abord parce qu'ils explorent un genre musical qui ne souffre guère la médiocrité; ensuite parce qu'ils trouvent matière à développer leur univers très personnel.

Kafka développe un rock progressif instrumental, tantôt d'une violence extême, sauvage, tantôt teinté d'une délicate inquiétude distillée au gré des arpèges.

La virtuosité est ici discrète, rien qui ne ressemble à une débauche de technicité, rien qui ne ressemble à un tape-à-l'oreille léché et obligatoire. Non, la virtuosité est discrète et tient plus à l'étonnante cohésion des quatre musiciens et à la cohérence de cet univers qu'ils déploient, avec lenteur.

Car ils tissent ensemble une étoffe, peu à peu, ou tout d'un coup. Les deux guitares s'entremêlent, s'unissent jusqu'à, parfois, n'en former qu'une; la basse est souvent jouée au mediator dans un esprit mélodique; la batterie, quant à elle, vient à la fois superstructurer le tout, mais livre dans le détail une ornementation particulièrement intéressante.

Et il y a quelque chose d'hypnotique et d'ennvirant dans la musique de kafka. Les morceaux sont longs (entre 9 et 19 minutes, en gros) et prennent du temps à se déployer autour de quelques idées exploitées jusqu'au bout, puis déclinées... pour enfin, à l'apogée d'un climat, se destructurer. De cette trituration naît un nouveau climat qui s'enfle à son tour.

Les rythmes sont souvent complexes, les mesures composées, les harmonies dissonantes, du moins tendues. La musique de kafka est tourmentée mais belle. Mais elle trouve le repos. D'abord parce qu'elle prend son temps. Ensuite parce qu'il y a une forme de délicatesse derrière l'énergie que je n'hésite pas à qualifier d'animale. C'est une musique organique. Le corps vibre, le corps des musiciens jouent également... mais ça, c'est en les voyant sur scène qu'on s'en aperçoit.

Le batteur joue du xylophone, dans ces instants plus calmes où la mélodie exhibe une fragilité presque enfantine, comme la ritournelle rassurante d'une mère qui calme les angoisses de son enfant. Une berceuse qui surgit du chaos, de la violence et de l'inquiétude.

Un dernier mot : la musique de kafka est audacieuse à bien des égards. En outre : elle n'a pas peur du silence.

 



 

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un autoportrait (première partie)

sans concession mais complaisant, lucide sans l'être car peut-on finalement l'être lorsque l'on parle ou prétend parler de soi? pêchant par omission, mensongé peut-être...

un autoportrait plutôt à la manière d'un exercice de style, d'un exercice hostile...

une tentative, finalement, de mettre un peu d'ordre dans des pensées qui pensent soi à la manière dont on panse, finalement, ses plaies...

subjectif en un mot : et alors? 

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juste un cri.

juste un cri

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mal chimie

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mood indigo

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voie sans issue

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vous avez dit "dépressif" ?

début d'une série d'impressions...

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pégase

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D'où vient-il que finalement la danse, c'est voler ?

article paru dans la revue "d'cadences et des mots -le un- mars 2002"...

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A bitter fruit...

Chanson du jour... une vieille chanson et pourtant immortelle; je ne résiste pas à l'envie de la partager, la propager... chanson dure, d'autant plus lugubre dans cette version-ci , j'avoue, mais tellement belle... alors en blogger débutant je vais tâcher de la mettre en ligne non sans proposer une traduction... bonne écoute...

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