jeanda

visions IV

 

les corps assagis

trempés par les vents

battus par les fièvres

brûlés par les pluies

 

les corps assagis

 

(parfois)

 

ne se haïssent plus.

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Visions III

Le goût de l’amer dans la gorge sèche;
l’acidité des larmes où trempe l’œil;
le perron envahi par les herbes revêches :
tout se drape dans le noir, la froideur et le deuil.

Désertés les lieux, ces rires sonores.
Je n’entend plus guère le galop des gosses.
Résonne le glas joué pour les morts :
le signal attendu pour l’horrible négoce.

Le fruit de son ventre, comme un fruit trop mûr,
se scinde en deux parts, mais qui prendra le noyau ?
l’ami-amant-ennemi est au pied du mur :
il hérite, irrité, de l’opprobre, l’idiot…

 

 

écrit en août 2005, sinistre été où l'ouragan Catherine m'a dévasté...

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on est pas des sauvages, tout de même...

Nous z'autres, on est pas comme vous z'autres...
on est pas des sauvages, ça se saurait...
nous z'autres on ôte nos enfants de nos têtes
avant d'entrer dans une école.
Y a toujours un agent à la sortie des églises
pour faire traverser les chapeaux...
On dit bonjour à son auto, chaque sacro-saint dimanche.
On fait briller son voisin puis on tond sa femme.
On s'invite alors à passer sur la pelouse,
des uns, des autres:c'est convivial
...
on aime nos grabatères, parfum vanille parfois citron.
L'été on met les glaces au frais, sinon y en a plus.
On cherche di€u dans les portefeuilles.
L'Argent au ciel.
On ferme nos fenêtres à cause des pauvres
et les moustiques se heurtent aux miradors.
Vous l'avez compris...
nous z'autres, on est pas comme vous z'autres...
on est pas des sauvages, ça se saurait...
c'est pour cela sans aucun doute qu'on dort si bien.



Jeanda.

Queyssac, juillet 2007

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rien que toi qui danses

un acrostiche... soufflé par l'amour, un jour...

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en catimini...

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une variation un peu coquine de pierrot et colombine

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lycanthrope

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funeste funambule

été 2004...

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hic et nunc

ou un écrit en hommage à un certain Serge G. grand fumeur de gitane... premier jet au coeur de l'hiver 1998-1999... d'infimes remaniements par la suite, on déplace une virgule et ça a pris des heures... ou on change un mot mais ça fait chier après tout... alors on annule l'opération... qu'importe... un écrit "ici et maintenant"...

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tourneterre tournelune et autres petits manèges amoureux

ou une petite version toute personnelle de pierrot et colombine... en deux temps : le texte d'abord qui a servi de support à une création chorégraphique (chorégraphie catherine hérouard) et les monologues du spectacle...

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Mes Amériques Grâcieuses

C'est l'heure
où rien ne bouge dorment les anges
voguent les songes sur le Gange
des paupières souples et pieuses.


Rêveur
je dérive en des lieux étranges
peuplés de Physalis oranges
et de Pensées harmonieuses.

Ô amours-en-cages
je me rie de vous.
Mon amour elle aussi cache son trésor
au dedans du calice de son corps.

Ô amours-en-cages
je me rie de vous.
Mon amour est libre mon amour est source
est torrent est rivière une folle course.

C'est l'heure
où rien ne bouge pas même d'un cil
et je voyage le long du Nil
de mes pensées silencieuses.

Bonheur
j'accoste ton corps sublime île
mes mains frôlent vibrent fébriles
mes Amériques gracieuses.

Ô Colomb piètre marin
je me rie de toi
Mes Amériques nues sont bien plus belles
que tous tes vains et glorieux archipels.

Ô Colomb piètre marin
je me rie de toi
Mon Nouveau Monde mes Amériques
de féminins trésors géographiques.

(Jidé janvier 2001)

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Visions II

Il règne parfois un calMe étrange
sur ces pâles matins où l'air vOus pique;
la lumière est faible, elle pénètre par fraNges,
rampe tout du long du lit, aspic;
sA morsure cependant ne la réveille pas:
ma coloMbe sommeille à demi réelle
à demi morte et froissée cOmme la paire de draps
qui prolonge son corps en Une paire d'ailes.
Et l'ange d'un geste sûR, éloquant
avale d'un trait le serpent de lumière:
je t'aime et te prie, mon amour, quand
le jour se lève glorieux comme se lèvent tes paupières.


[Jeanda janvier 2001]

d'après -Marguerite- une photo de Charles Martin, 1993

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Visions I


D'abord il me vient un chaos de couleurs,
débauche sans pareille, bouquet fou d'où jaillit
le corail d'un ciel qu'embrase sans douleur
un soleil d'autômne dans sa lente agonie.
L'herbe se détache, peu à peu, elle est verte.
La lumière est tiède, la journée fut chaude.
Du bleu reste collé à mes paupières ouvertes,
à mon nez amusé qu'un vent coquin taraude.
Au loin ce sont les arbres que le vent taquine,
les feuilles pareilles à d'habiles pinceaux
promènent leurs teintes citron grenadine
d'un coté puis de l'autre des maigres rameaux.
Une odeur de chataîgne conquérante capiteuse
se glisse sous ma peau qui frémit de plaisir.
Ô ma peau la gourmande, la voilà bien heureuse
de si simples délices pouvoir se saisir.
Au loin deux silhouettes dans un rire sonore
se rapprochent, se précisent, s'empressent vers nous;
Ce sont des enfants. Dans leurs yeux brille l'or
de leurs jeunes années. Ils accourent un peu fous,
elle est brune, elle est belle, et ses coudes écorchés,
lui petit rouquin et ses dents galopent,
tous deux ont la peau d'étoiles parsemée.
Les voilà tout près à présent qui crient Hop !
Un sourire en réponse à leur douce venue,
je tourne un peu la tête du coté du perron
où debout se tient celle que mon coeur a élue:
elle est belle et sa main soutient son ventre rond.

[Jeanda janvier 2001]

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Tu es

Tu as ce don si rare de cosmogonie
de ce chic et subtil art me donner la vie
d’un démiurge les mains d’un ange la joie
tu recèles divine l’univers en toi.

Tu as ce doux rire miel à mes oreilles
ou encore baume au cœur pour les jours sans le pain
la régence totale de ce sommeil
qui m’unit à toi jusque le petit matin.

Tu fais la pluie le beau temps le beau temps beaucoup
tu es la seule loi que je veuille écouter
et tes commandements ne m’ont jamais coûté

Pas le moins du monde pas le moindre des sous.
Ne crois pas les fous qui racontent que Eve
est née d’Adam de sa côte comme d’un rêve

Je suis issu de toi de tes mains de tes flancs
tu es mon Idole et mon Dieu Vivant.

[Jeanda août 2000]

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